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Survie, libre arbitre et plaisir …

Posté par admin le 15.7.2007 @ 13:43 Dans Idées Reçues | Aucun commentaire

 

 

L’Homme est un organisme autodéterminé[1] 1 C’est un fait scientifique. En fait, il n’y a pas d’organisme plus autodéterminé que l’Homme. Il dépend, bien sûr, des autres formes de vie et de son environnement, mais il est autodéterminé. Nous en reparlerons plus loin. Cependant il est bon de préciser immédiatement qu’il n’est pas un organisme fonctionnant par excitation réflexe – merveilleuse théorie exposée de façon si habile dans certains ouvrages mais qui, dans le monde de l’Homme, dans la réalité, s’avère totalement inutilisable. Les jolis petits exemples où l’on vous parle de rats n’illustrent rien du tout quand on a affaire à l’Homme. Plus un organisme est complexe, moins la théorie de l’excitation réflexe fonctionne. Et lorsqu’on arrive à ce summum de complexité qu’est l’Homme, on constate que l’équation de l’excitation réflexe se compose uniquement de variables. Plus un organisme est rationnel, intelligent, plus il est autodéterminé. L’autodétermination, comme toutes choses, est relative. Mais comparé à un rat, l’Homme est hyper autodéterminé. C’est un fait scientifique. C’est un fait scientifique parce que c’est facile à démontrer.

 

Plus un homme est doué de raison, moins il est un « mécanisme qu’on actionne en pressant un bouton ». Bien entendu, lorsqu’on dégrade quelqu’un, qu’on le rend très aberré, on peut, jusqu’à un certain point, le manipuler comme une marionnette. Mais cela signifie, bien sûr, que plus une personne est aberrée, plus son quotient intellectuel est proche de celui d’un animal.

 

Il est intéressant d’observer ce qu’un homme fait avec son autodétermination. Bien qu’il ne parvienne jamais à échapper à l’équation du style « je ne savais pas que le fusil était chargé » (comme, par exemple, un cataclysme ou la victoire subite d’une autre forme de vie), il n’en reste pas moins que son potentiel de survie est élevé. Bref, nous avons affaire à quelqu’un d’autodéterminé, de rationnel, dont l’arme principale (son mental) fonctionne à merveille. Mais comment la nécessité se manifeste-t-elle chez lui ?

 

« Plus un homme est doué de raison, moins il est ‘ un mécanisme qu’on actionne en pressant un bouton’ ».

 

Selon le dictionnaire (objet doué de jugement, mais ayant la drôle d’habitude de changer brusquement de sujet), la nécessité est définie comme : « le caractère de ce qui est nécessaire ; ce qui est inévitable ; compulsion[2] 2 ». Une autre définition dit : « extrême pauvreté ; besoin ; disette », mais elle ne présente aucun intérêt puisque nous parlons de survie.

 

Quant au mot « compulsion » mentionné dans la première définition, rebaptisons-le « dynamique de survie », la dynamique de survie qui est inhérente à l’organisme et à l’espèce.

 

Qu’est-ce qui est « nécessaire » à la survie ?

 

Nous avons vu – et nous pouvons prouver – qu’il y a deux facteurs à l’œuvre. Le premier de ces facteurs est la nécessité d’éviter la douleur. En effet, des petites choses apparemment insignifiantes peuvent, peu à peu, devenir des douleurs très dures qui vont aller rapidement en empirant et entraîner la mort. La douleur, c’est un peu comme se faire réprimander pour avoir bâclé son travail. Ça peut conduire au licenciement, puis à la famine, puis à la mort. Prenez n’importe quelle équation contenant le facteur douleur et vous verrez qu’elle peut se réduire à la non-survie potentielle. En admettant que la survie se résume à cela et que la nécessité soit un gnome grimaçant et malfaisant armé d’une fourche, il n’y aurait, manifestement, plus guère de raison de vivre, pas vrai ? Heureusement, il y a l’autre facteur : le facteur plaisir. Contrairement à ce qu’affirmaient les stoïciens[3] 3, le plaisir est un facteur plus stable que la douleur, comme l’ont démontré des tests cliniques dianétiques.

 

« L’Homme, lorsqu’il est en affinité avec l’Homme, survit. Et cette Survie est plaisir. »

 

Il y a, par conséquent, une nécessité du plaisir, une nécessité d’atteindre des buts connus (ce pourrait être une bonne définition du bonheur) en surmontant des obstacles connus. Et cette nécessité est si forte qu’on est prêt à supporter bien des douleurs pour goûter au plaisir. Le plaisir est l’élément positif. Le plaisir, c’est aimer le travail, c’est contempler du travail bien fait, c’est lire un bon livre, c’est être avec un ami, c’est s’écorcher les genoux en faisant l’ascension du Mont-Blanc, c’est entendre la gamine dire « papa » pour la première fois, c’est se bagarrer sur les quais de Shanghaï. Le plaisir, c’est le petit ami qui sonne à la porte, c’est l’aventure, l’espoir, l’enthousiasme, c’est « un jour j’apprendrai à peindre ». Le plaisir, c’est faire un bon repas, c’est embrasser une jolie fille, c’est tenter un coup de bluff à la Bourse. C’est ce que l’Homme est heureux d’envisager, c’est ce que l’Homme est heureux de se rappeler. Ce peut même être le simple fait de parler de choses dont il sait qu’il ne les réalisera jamais.

 

L’Homme endurera beaucoup de souffrances pour connaître un peu de plaisir. Allez faire un tour dans ce vaste laboratoire qu’est le monde et vous constaterez à quel point c’est vrai.

 

Où la nécessité vient-elle se placer dans le tableau ? Eh bien, il y a une nécessité du plaisir, une nécessité aussi vivante, aussi vibrante et aussi vitale que le cœur humain lui-même. Celui qui affirmait qu’un homme possédant deux miches de pain devrait en vendre une pour acheter une jacinthe blanche disait vrai. La création, la beauté, l’harmonie, l’aventure, et même la lutte pour échapper aux mâchoires de l’oubli, tout cela est plaisir et tout cela est nécessité. Un homme fit un jour mille kilomètres pour le simple plaisir de voir un oranger, et un autre, qui n’était plus que plaies et bosses, demanda avec enthousiasme qu’on le laisse « mater un dernier étalon ».

 

C’est très joli d’aller s’isoler sur quelque montagne pour écrire un code pénal ou pour lire ce que l’écrivain A a écrit sur les œuvres de l’écrivain B, mais ce n’est pas très pratique.

 

La théorie selon laquelle « la douleur pousse quelqu’un à … » ne fonctionne pas. Si certains des principes fondamentaux de la dianétique n’étaient que de simples poèmes sur l’état idyllique de l’Homme, il n’y aurait pas grand-chose à dire. Mais il se trouve que, dans le laboratoire du monde, ils fonctionnent.

 

L’Homme, lorsqu’il est en affinité avec l’Homme, survit. Et cette survie est plaisir.

 

Ron Hubbard

 

Extrait du livre La Dianétique

1 - Self-determinism, en anglais, se traduit en français par libre arbitre. Mais l’expression d’autodéterminisme, même si elle est plus lourde, est plus précise. N.D.T.

2 - Compulsion : impulsion irrésistible à agir de façon irrationnelle.

3 - Stoïciens : adeptes de la doctrine du stoïcisme fondée par le philosophe grec Zénon en 308 av. J.-C. Cette doctrine soutenait que les êtres humains devaient se libérer des passions et accepter avec sérénité tout ce qu’il leur arrivait, car c’était l’expression de la volonté divine.


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