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L’intelligence dans le monde du travail et dans la vie

Posté par admin le 12.7.2007 @ 21:26 Dans Idées Reçues | Aucun commentaire

L’on pourrait dire avec justesse que toutes les difficultés sont, au fond, des confusions. Confronté à suffisamment de menaces et de mystères, l’homme finit par foncer à l’aveuglette en essayant d’éviter les coups. La confusion l’a gagné.

Trop de problèmes non résolus entraînent un désordre monumental. De temps à autre, un excès de directives contradictoires suffit à dérouter quelqu’un dans son travail. Une usine moderne peut être si mal dirigée que le tout ressemble à une vaste confusion dans laquelle on ne s’y retrouve plus.

« Les choses pour lesquelles on s’en remet à la chance sont moins susceptibles d’être résolues. »

Lorsqu’on est confus, ont mise habituellement sur la chance. Si on sent que la pression est trop forte, on se dit qu’on peut toujours « compter sur sa chance ». Par le mot chance, on entend « un destin non contrôlé par soi-même ». Mais quand on lâche le volant d’une voiture en espérant que la voiture ne sortira pas de la route, on est souvent déçu. Ainsi en est-il de la vie : les choses pour lesquelles on s’en remet à la chance sont moins susceptibles d’être résolues. Qui n’a jamais vu un ami faire la sourde oreille à ses créanciers et serrer les dents en espérant toucher le tiercé et ainsi résoudre tous ses problèmes ? Nous avons tous connu des gens qui géraient ainsi leur vie des années durant. La philosophie de l’un des principaux personnages de Charles Dickens ne consistait-elle pas à attendre que quelque chose se produise ? Mais alors que l’on reconnaît que la chance EST un élément d’une puissance certaine, elle n’est nécessaire qu’au milieu d’un tourbillon d’éléments de confusion. Si, pour s’en sortir, on doit s’en remettre à la chance, c’est qu’on a déjà lâché le volant de sa propre voiture et cela signifie aussi que l’on a affaire à de la confusion.

Il serait donc sage de comprendre exactement ce que sont les confusions et de savoir comment les résoudre.

La confusion et la donnée stable

La confusion peut se définir comme un ensemble de facteurs ou de circonstances qui semble ne pas avoir de solution immédiate. D’une manière plus générale, la confusion est définie comme un mouvement chaotique.

Si vous étiez pris au milieu d’une circulation intense, il est probable que vous vous sentiriez confus à cause de tout ce mouvement qui vous entoure. Si vous étiez pris dans une grosse tempête et que des feuilles et des bouts de papier tourbillonnaient tout autour de vous, il est probable que vous vous sentiriez confus.

Est-il réellement possible de comprendre ce qu’est une confusion ? Existe-t-il une chose telle qu’une « anatomie de la confusion » ? Oui, absolument.

Si vous étiez standardiste, et que vous deviez répondre à dix appels en même temps, vous pourriez vous sentir déroutée. Mais, existe-t-il un remède à ce genre de situation ? Si vous étiez chef d’atelier, et que soudain vous vous trouviez confronté à trois urgences et à un accident en même temps, vous pourriez également vous sentir confus. Mais existe-t-il un remède à cela ?

Une confusion reste une confusion aussi longtemps que tous les éléments qui la composent sont en mouvement. Une confusion demeure une confusion aussi longtemps qu’aucun facteur n’est clairement défini ou compris.

La confusion est la cause fondamentale de la stupidité. Toutes les choses, mises à part celles qui sont très simples, sont perçues comme confuses par celui qui est stupide. Ainsi, si l’on connaissait l’anatomie de la confusion, quel que soit son degré d’intelligence, son intelligence s’améliorerait.

« La confusion peut se définir comme un ensemble de facteurs ou de circonstances qui semblent ne pas avoir de solution immédiate. »

Vous comprendrez ceci facilement s’il vous est déjà arrivé d’avoir à former un jeune candidat qui n’était pas des plus brillants. Vous essayez de lui expliquer le fonctionnement de telle ou telle chose. Vous le lui expliquez et réexpliquez maintes et maintes fois, et lorsque enfin vous le laissez faire, d’emblée il « sabote » le travail. Il « n’avait pas compris », il « n’avait pas saisi ». Vous pourriez mieux comprendre ce qu’il n’a pas compris, en disant plus simplement, et à juste titre, qu’il était « dans la confusion ».

En matière d’éducation, 99 % des échecs scolaires sont dus au fait que les étudiants sont dans la confusion.

Et lorsque l’échec survient, que ce soit dans le domaine du travail ou d’autres domaines de la vie, il est, d’une manière ou d’une autre, généré par une confusion. Que ce soit pour apprendre à se servir d’une machine ou pour mener sa vie, on doit être capable ou d’affronter la confusion ou d’en démonter les rouages.

Face à la confusion, il existe un principe, celui de la donnée stable.

Si dans une pièce une grande quantité de bouts de papier tourbillonnaient en tous sens, ce serait l’image même de la confusion jusqu’à ce que vous choisissiez un morceau de papier comme étant celui autour duquel tous les autres seraient en mouvement. En d’autres termes, un mouvement confus peut être compris à partir du moment où l’on considère un élément comme étant immobile.

Dans une circulation dense, tout ne serait que confusion, à moins que vous ne vous représentiez une voiture comme étant immobile par rapport aux autres, pour pouvoir considérer ensuite les autres par rapport à celle-ci.

La standardiste qui reçoit dix appels téléphoniques en même temps résout la confusion en décidant, à tort ou à raison, que l’un des appels sera le premier auquel elle accordera son attention.

La confusion créée par ces dix appels simultanés deviendra moins troublante dès lors qu’elle aura choisi de répondre à l’un de ces appels en particulier. Si trois urgences et un accident surviennent en même temps dans l’atelier d’un chef d’équipe, il n’aura besoin que de décider lequel il va choisir en premier, pour rétablir l’ordre.

La confusion persiste tant qu’on n’a pas choisi une donnée, un facteur, une chose spécifique au sein d’une confusion d’éléments. Et cette chose seule, que l’on isole et que l’on utilise, devient la donnée stable du reste.

Pour être plus précis, chaque corps de connaissance est construit à partir d’une donnée. Il s’agit là de sa donnée stable. Invalidez-la et c’est l’ensemble qui se désagrège. Une donnée stable n’a pas besoin d’être la bonne donnée. C’est simplement celle qui empêche les choses d’être dans la confusion et celle à laquelle les autres se rattachent.

Maintenant, s’il vous est arrivé d’enseigner à un jeune apprenti l’utilisation d’une machine, et s’il s’est avéré qu’il n’avait pas compris vos directives, c’est uniquement parce qu’il lui manquait une donnée stable. Un fait aurait dû être assimilé par lui en premier lieu.

Ayant assimilé celui-ci, il aurait pu en assimiler d’autres. Dans une situation prêtant à confusion, une personne se sentira stupide ou confuse tant qu’elle n’aura pas parfaitement assimilé un fait ou un élément.

« Lorsque l’échec survient, non seulement dans le domaine du travail mais dans la vie en général, c’est, d’une manière ou d’une autre, consécutif à une confusion. »

Aussi énormes et insurmontables que puissent paraître les confusions, elles sont toutes composées de données, de facteurs ou d’éléments. Elles sont constituées de différents composants. Saisissez-en un et localisez-le parfaitement. Regardez ensuite comment les autres fonctionnent par rapport au premier que vous avez isolé, et vous aurez calmé la confusion. Reliez ensuite les autres composants à celui que vous avez saisi, vous aurez bientôt maîtrisé cette confusion tout entière.

Lorsque vous apprenez le maniement d’une machine à un jeune homme, ne le submergez pas sous un torrent de données pour ensuite le reprendre sur toutes ses erreurs ; tout cela ne serait que confusion pour lui et il y réagirait de façon stupide. Trouvez un pont d’entrée à sa confusion, une donnée. Par exemple, dites-lui : « C’est une machine. »

Il se pourrait que toutes ces instructions aient été jetées à la tête de quelqu’un qui n’a aucune véritable certitude ni aucune idée de l’ordre des choses dans la vie. Dites-lui : « C’est une machine. » Puis faites en sorte qu’il en soit convaincu. Faites-la-lui toucher, faites qu’il en tourne les boutons et qu’il la déplace. Répétez-lui : « C’est une machine. » « Vous serez surpris de voir le temps que cela prendra, mais serez tout autant surpris de voir à quel point sa propre certitude augmentera. » Parmi toutes les complexités qu’il va devoir apprendre pour parvenir à utiliser cette machine, il va d’abord falloir qu’il assimile une donnée. Peu importe quelle donnée il assimilera complètement en premier, bien qu’il soit préférable de lui enseigner une donnée simple et fondamentale. Vous pourriez lui montrer ce que fait la machine, lui expliquer le produit qu’elle permet d’obtenir, ou lui dire pourquoi c’est lui qui a été choisi pour la faire marcher. Mais vous devez veiller à ce qu’une donnée fondamentale devienne claire pour lui, sans quoi il sera perdu et confus.

Confusion = incertitude. Confusion = stupidité. Confusion = insécurité. Quand vous pensez incertitude, stupidité ou insécurité, pensez confusion et vous aurez tout compris.

Qu’est-ce que la certitude, alors ? L’absence de confusion. Qu’est-ce que l’intelligence ? L’aptitude à résoudre les confusions. Qu’est-ce que la sécurité enfin ? C’est l’aptitude à maîtriser ou à éviter la confusion ou à mettre de l’ordre là où il y avait de la confusion. La certitude, l’intelligence et la sécurité signifient absence de confusion ou aptitude à la maîtriser.

Et la chance ? Où se place-t-elle par rapport à la confusion ? La chance est l’espoir qu’un hasard qu’on ne maîtrise pas nous sortira d’une situation critique. Compter sur la chance, c’est abandonner le contrôle de la situation. C’est tomber dans l’apathie.

Le contrôle et la confusion

Il existe ce qu’on peut appeler le bon contrôle et le mauvais contrôle. Ce qui les différencie c’est la certitude et l’incertitude. Le bon contrôle est certain, positif et prévisible. Le mauvais contrôle est incertain, variable et imprévisible. Avec le bon contrôle, on peut être certain. Avec le mauvais contrôle, on n’est jamais certain.

Le chef d’équipe qui décide qu’une règle est en vigueur un jour mais pas le lendemain, qui oblige Georges à obéir mais pas Jean, exerce un mauvais contrôle. Il sème de l’incertitude et de l’insécurité dans son sillage, quelles que puissent être ses qualités personnelles.

Au regard de tant de contrôle incertain et stupide, certains d’entre nous finissent par croire que tout contrôle est mauvais. Mais cette idée est très loin d’être vraie. Le contrôle est nécessaire si l’on désire mettre un tant soit peu d’ordre dans les confusions. Quoiqu’on fasse, on doit être capable de contrôler certaines choses, son corps et ses pensées, au moins jusqu’à un certain point.

La confusion pourrait être définie comme du hasard incontrôlé. Seuls ceux qui peuvent exercer un certain contrôle sur ce hasard peuvent résoudre les confusions. Ceux qui sont incapables d’exercer un minimum de contrôle engendrent en fait des confusions.

« Qu’est-ce que la certitude alors ? L’absence de confusion. Qu’est-ce que l’intelligence ? L’inaptitude à résoudre les confusions. »

La différence entre le bon et le mauvais contrôle devient donc plus évidente. C’est ici une question de degré. En présence d’un contrôle rigoureux et positif, les autres peuvent prévoir ce qui va se passer. Il s’agit donc d’un bon contrôle. Un contrôle bâclé et incertain ne permet aucune prévision. C’et donc un mauvais contrôle. L’intention est également liée au contrôle. Le contrôle peut en effet être exercé à des fins constructives ou destructives. Mais vous constaterez que les personnes qui sont motivées par des intentions destructives exercent un mauvais contrôle.

Il y a donc beaucoup à dire sur le sujet de la confusion. Il peut vous paraître en effet assez étrange que la confusion soit ici devenue la cible. Mais vous découvrirez qu’elle est en fait un excellent dénominateur commun de tout ce que nous considérons comme néfaste dans la vie, et que celui qui peut devenir maître des confusions peut libérer son attention et davantage se consacrer à des activités constructives. Tant qu’on est embrouillé par des confusions, on ne peut penser qu’aux choses destructives – car ce qu’on désire avant tout, c’est détruire la confusion.

Pour commencer, apprenons donc comment détruire les confusions. Et on se rend compte que c’est relativement simple. Lorsque tous les éléments semblent être en mouvement, arrêtez-en un pour voir comment les autres se meuvent pas rapport à lui. Vous constaterez alors qu’il y a déjà moins de confusion. Ayant adopté l’un de ces éléments comme donnée stable, les autres vont se mettre en ordre. Ainsi peut-on voir et comprendre une situation urgente, une machine, un emploi ou la vie en général, et ainsi peut-on être libre.

Jetons un coup d’œil à la façon dont cela fonctionne. Un certain nombre de facteurs peuvent intervenir dans le fait d’obtenir ou de conserver un emploi, ou encore d’améliorer sa situation professionnelle. On peut remédier au problème dans son ensemble, comme le font d’ailleurs la plupart des gens, en y appliquant cette unique donnée : « Je peux trouver et conserver un emploi. » En se cramponnant à cette seule conviction, les confusions et les insécurités de la vie ont moins d’impact.

Supposons cependant qu’une personne, sans vraiment approfondir le problème, ait déclaré quand elle était jeune, tout en grinçant des dents et en fermant les yeux : « Je peux trouver et conserver un emploi, quoi qu’il arrive. Je ne vais donc plus me soucier des aspects économiques de la vie. » Parfait. Plus tard, cette personne est renvoyée de son travail sans préavis, et reste deux mois et demi au chômage. Elle se sentira alors, même lorsqu’elle aura retrouvé un emploi, moins en sécurité et moins confiante qu’auparavant. Supposons qu’un accident se produise et que cette personne perde à nouveau son emploi. Se retrouvant pour la seconde fois au chômage, elle sera encore moins confiante et moins en sécurité. Pourquoi ?

Examinons le revers de ce principe de la donnée stable. Nous y observons que les confusions sont neutralisées par des données stables et que, lorsqu’une donnée stable est ébranlée, la confusion renaît.

Considérons qu’une confusion est arrêtée. Elle est toujours répandue partout, certes, mais elle est arrêtée. Qu’est-ce qui l’a arrêtée ? L’adoption d’une donnée stable. Supposons qu’une personne ait sans cesse à subir, chez elle, les critiques acerbes de sa belle-mère. Un jour, à la suite d’une querelle, cette personne sort furieuse de la pièce en se disant, comme inspirée : « Toutes les belles-mères sont méchantes. » Il s’agit là d’une décision. C’est, à tort ou à raison, une donnée stable adoptée dans une confusion. Aussitôt la personne se sent mieux. Elle peut désormais résoudre ce problème ou vivre avec. Elle sait que « toutes les belles-mères sont méchantes ». Ce n’était pas vrai, mais ça n’en était pas moins une donnée stable.

Et puis un jour, alors que cette personne connaît des difficultés financières, sa belle-mère se précipite à sa rescousse et, faisant preuve d’une loyauté absolue, règle son seulement le loyer mais également d’autres dettes. Notre personne se sent très confuse. Un tel geste de bonté ne devrait pourtant pas être source de confusion. Après tout, la belle-mère n’a-t-elle pas résolu le problème ?

Comment se fait-il alors que notre personne en soit perturbée ? Parce que la donnée stable a été ébranlée. Toute la confusion du problème passé a ressurgi parce que l’inexactitude de la donnée stable a été démontrée.

Pour plonger quelqu’un dans la confusion, il suffit de localiser ses données stables puis de les invalider. Que ce soit par la critique ou à l’aide de preuves, il suffit d’ébranler les quelques données stables d’une personne pour réactiver ses confusions.

Car, voyez-vous, les données stables n’ont pas forcément besoin d’être vraies. Elles sont simplement adoptées. Et lorsqu’elles l’ont été, toute nouvelle donnée est considérée par rapport à celle-ci. Par conséquent, l’adoption de n’importe quelle donnée stable tendra à annuler la confusion en question. Mais, si jamais cette donnée stable est ébranlée, invalidée ou réfutée, on se trouvera à nouveau aux prises avec la confusion. Bien entendu, il suffit alors d’adopter une nouvelle donnée stable ou de rétablir l’ancienne.

Prenons l’exemple d’une personne qui ne redoute aucune crise économique, car les finances du pays sont entre les mains d’une figure politique héroïque et qui fait de son mieux. Cette personnalité est la donnée stable de toutes les confusions de la personne en matière d’économie nationale. Elle ne se fait donc « pas de soucis ». Mais un jour, les évènements ou les ennemis politiques de cette personnalité « prouvent » qu’il n’était qu’un individu malhonnête, et la donnée stable qu’il représentait est mise à mal. Les inquiétudes de la personne à propos de l’économie du pays vont alors ressurgir.

Peut-être avez-vous embrassé une philosophie parce que le conférencier vous semblait tellement charmant. Plus tard, quelqu’un vous apporte la preuve que, en vérité, ce conférencier n’était qu’un voleur, voire pire. Vous avez adopté cette philosophie à un moment où vous aviez besoin d’un peu de répit par rapport à vos pensées. Le fait que ce conférencier soit discrédité réanimera immédiatement la confusion dans laquelle vous étiez au départ.

Ainsi, quand nous étions jeunes, nous avons observé la confusion qui régnait dans le monde du travail et nous l’avons repoussée en déclarant, d’un ton péremptoire : « Je peux trouver et conserver un emploi. » C’était alors la donnée stable. Et en effet, nous avons décroché un emploi. Mais nous nous sommes fait renvoyer.

La confusion qui prévaut dans le monde du travail est devenue source de confusion pour nous. Si nous n’avons, comme seule et unique donnée stable que : « Je peux trouver et conserver un emploi », nous allons assurément traverser quelques périodes confuses au cours de notre vie professionnelle. Bien meilleure serait la donnée stable suivante : « Je comprends la vie et le travail. Je peux, par conséquent, obtenir des emplois, les conserver et les améliorer. »

La confusion n’est pas nécessairement un élément inévitable et continuel de notre vie professionnelle. En appliquant le principe de la donnée stable, on peut progressivement remettre en ordre et comprendre n’importe quelle situation.

Ron Hubbard

Extrait du livre Les problèmes du travail


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